Brasseurs occasionnels à l’origine, Amandine et Ludovic ont ouvert leur propre bar et microbrasserie en 2015. Réputée pour leurs goûts, les bières du Platypus Brewpub situé 32 Cours Charlemagne à Lyon 2, sont nombreuses et leur secret bien gardé. L’envie que ces deux passionnés mettent à travailler chaque bière se ressent dans la fréquentation de l’établissement où les clients se pressent de revenir. Nous sommes donc aller à leur rencontre pour en savoir un peu plus sur leur aventure entrepreneuriale. Amandine qui s’occupe du bar, nous a fait le plaisir de nous accueillir et nous laisser quelques informations.

Comment devient-on brasseur ? Quel est votre parcours ?

J’ai un parcours diversifié. . Au niveau professionnel, j’ai fait beaucoup de petits boulots, notamment dans le service mais j’ai aussi été comédienne et éducatrice spécialisée. Ludovic qui s’occupe de la partie technique liée au brassage, quant à lui a été photographe de plateau et a suivi un cursus de commerce international dans une école.

Pourquoi avez-vous fait le choix de racheter un bar ?

Nous avons acheté le fonds de commerce du bar car nous habitons en ville. En ce qui concerne le choix du bar nous nous sommes concentrés sur nos besoins en tant que brasseur c’est-à-dire le fait d’être directement en contact avec le consommateur.

Etre localisé en centre ville pour être directement en contact avec le consommateur

Vous avez repris un bar “PMU” … comment fait-on pour changer le concept d’un bar ?

Nous avons gardé le concept initial du bar pendant 6 mois : ouverture tôt le matin, petite restauration à midi. Puis nous avons recommencé à brasser notre bière pour habituer doucement les gens au goût singulier de la bière artisanale. C’est-à-dire que nous avons ouvert en septembre, mis les tireuses en février et en juillet nous avons basculé sur un fonctionnement type « pub » avec ouvertures uniquement le soir.

La transition de bistrot à notre bar actuel nous a pris 1 mois.

Comment est-ce que vous avez choisi l’emplacement ?

En fouillant dans les petites annonces, nous avons trouvé quelque chose qui restait dans nos moyens et plutôt bien placé. Et puis aussi, et surtout nous regardions dans les endroits où il n’y avait pas encore trop de microbrasseries.

Quel est le secret de votre réussite ?

Les conseils que je peux vous donner pour que vos mois de travail vaillent la peine seraient d’une part, ne jamais perdre de vue ce que l’on a envie de faire et se rappeler ce qu’on sait faire. De l’autre, d’être patient et ne pas hésiter à prendre son temps et surtout, prendre des risques.

Le secret de la réussite : se rappeler ce qu’on sait faire, ce qu’on a envie de faire, être patient et prendre des risques

Vous investissez beaucoup sur vos projets, quelle relation entretenez vous avec votre banque ?

C’est une relation très importante, qui n’est pas simple parce que nous avons chacun des objectifs différents.

De plus, je dirais que c’est une relation à percevoir dans la durée, c’est un partenariat et un soutien. Ce qui reste le plus difficile se rapporte surtout au financement en ce qui nous concerne nous, petite entreprise. Lorsque nous sommes un « petit » sans gros moyens nous devons nous battre pour obtenir un financement. Néanmoins nous nous adaptons et nous trouvons des astuces comme par exemple, jongler entre 2 banques ou encore en négociant et en entretenant des relations cordiales avec elle.

Et avec votre expert comptable ?

C’est une relation assez courte pour le moment mais qui est basée sur la confiance. Il est là pour faire un point sur ce qu’il se passe et regarder vers l’avenir, le construire et se questionner sur comment améliorer nos chiffres etc…

Sur le plan légal maintenant, comment vous débrouillez-vous par rapport à la réglementation ? N’est-elle pas trop contraignante?

Si, nous sommes submergés par la législation. Il y’a 90% de papiers à faire. Il faudrait prévenir les gens qui veulent se lancer de tout ce qu’il y’a à faire. Pour qu’ils ne se lancent pas juste « comme ça ».   Nous nous cumulons 2 casquettes : brasseurs et gérant de débit de boisson donc nous rencontrons encore davantage de législation.

Il faudrait prévenir les personnes qui souhaitent se lancer de tout ce qu’il y’a à faire.

Mise à part la « formation permis d’exploitation » avez-vous dû suivre des formations ?

Il existe des formations comme « Opérateur de brasserie » mais Ludovic n’en a pas bénéficié et n’a pas eu le besoin de le faire car il est autodidacte et bilingue. Sinon il y’en a peu. Il n’y avait pas ou très peu de formations disponibles pour nous parce que le métier était quelque peu méconnu. Cependant, les choses sont en train de se mettre en place. Nous travaillons avec les syndicats pour pouvoir mettre en place la législation. En ce moment nous négocions les règles d’hygiènes. Car nous étions 200 en 2015 et nous sommes plus 600 maintenant donc il devient de plus en plus urgent de poser un cadre, et réussir à expliquer de quoi nous avons réellement besoin en tant que brasseur .

Nous travaillons avec les syndicats pour pouvoir mettre en place la législation conforme aux besoin des micro brasseries

Avez-vous eu du mal à obtenir votre Licence IV ?

La licence IV, nous l’avons tout simplement achetée avec, c’est-à-dire en même temps que le fonds de commerce.

Quelles sont les formalités que vous devez remplir auprès des douanes ?

En fait, ce n’est pas si compliqué. Nous ça l’est un peu plus car nous changeons de recettes très souvent. Nous déclarons ce que nous avons produit, nos ventes, nos stocks à la fin de chaque mois aux douanes.

Jérémy RENCHY

Passionné d’entrepreneuriat, ayant une formation en gestion d'entreprise, j'ai fondé le cabinet d’expertise comptable Carré RG (www.carre-rg.fr) à Lyon en 2014, un cabinet ayant pour mission l’accompagnement des entrepreneurs. Egalement Président de l'AJEL (Association des Jeunes Entrepreneurs Lyonnais).

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