Trucs de véto : L’observance du traitement vétérinaire : conséquences et enjeux

La junior entreprise de l’école vétérinaire de Marcy l’étoile (69) nous propose une série d’articles sur leurs quotidiens de futurs chefs d’entreprise au service des animaux. Focus sur l’observance du traitement vétérinaire.

Lorsque nos compagnons domestiques tombent malades, seul le propriétaire veille à suivre le traitement recommandé par le vétérinaire. L’observance est la capacité du propriétaire à respecter la prescription du vétérinaire en terme de prise de médicaments, de mesures diététiques ou d’hygiène mais encore de prise de rendez-vous pour une consultation de contrôle. Cela concerne ainsi le respect des doses prescrites mais également les horaires, le rythme et la voie d’administration ainsi que la durée du traitement préconisée par le vétérinaire.

Quelles sont les conséquences d’une mauvaise observance de traitement chez nos animaux ?

Les répercussions sont avant tout individuelles mais ont également une dimension collective.

Tout d’abord, au niveau individuel, le respect des conseils du vétérinaire permet une action optimale du médicament et assure l’effet du principe actif qu’il contient. Le non respect des préconisations peut altérer la guérison de l’animal ou encore entrainer une rechute. Une bonne observance permet donc au propriétaire d’économiser temps et argent puisqu’en cas de rechute, il devra se rendre à nouveau chez son vétérinaire et payer le traitement une seconde fois ; sans parler des risques potentiellement graves d’une rechute.

A l’échelle collective, la bonne observance permet d’éviter le développement de résistance des bactéries ou des parasites envers les molécules pharmaceutiques. Par exemple, un traitement antiparasitaire sous-dosé n’aura pas d’action néfaste contre les parasites les plus coriaces. Ces derniers vont alors se reproduire et transmettre à leur descendance cette résistance au traitement. A terme, cela favorise l’apparition d’échecs thérapeutiques puisque la nouvelle génération de parasite sera elle-même résistante au principe actif du médicament. Enfin, une bonne observance permet  d’éviter la contagion d’éventuels congénères vivants avec l’animal traité, et donc des traitements supplémentaires inutiles.

De nombreux paramètres interviennent dans le respect du traitement, et le propriétaire n’est pas toujours le seul en cause lors de mauvaise observance. En effet, la communication entre le propriétaire et son vétérinaire, l’expérience du propriétaire ainsi que le type de traitement conditionnent la manière dont le plan thérapeutique sera suivi.

Tout d’abord, le propriétaire doit être conscient de l’importance du traitement mais aussi savoir exactement comment donner les médicaments. C’est donc là que le vétérinaire intervient : expliquer les enjeux et les risques en cas de non traitement (aggravation de l’état de l’animal, complications, contagions, coûts etc.), répondre aux questions, écrire sur l’ordonnance ce qui a été expliqué à l’oral et établir une relation de confiance avec le propriétaire sont des éléments primordiaux. De même, un excès d’informations de la part du vétérinaire peut submerger le propriétaire et ainsi le démotiver.

Ensuite, un propriétaire impliqué et expérimenté dans les soins sera plus rigoureux pour respecter les recommandations données. La gestion de son emploi du temps est également un facteur important tout comme les éventuels a priori qu’il pourrait avoir à propos d’un médicament ou d’une mesure diététique.

Enfin, la nature du traitement conditionne également l’observance. Par exemple, les effets indésirables gênants, les délais d’action longs ou encore la complexité du traitement (prises nombreuses et à heure fixe) démotivent souvent le propriétaire à respecter précautionneusement les conseils donnés.

De nombreux autres facteurs peuvent aussi favoriser une mauvaise observance comme un animal peu coopératif dans la prise des médicaments.

Finalement, il apparaît indispensable que le vétérinaire et le propriétaire établissent une relation de confiance afin de soigner au mieux l’animal. Choisir une forme galénique qui convient au propriétaire et prescrire un traitement de courte durée sembleraient être de bonnes alternatives. D’ailleurs, les laboratoires pharmaceutiques développent des stratégies variées afin de pallier ce défaut d’observance : comprimés appétants, médicaments à longue durée d’action ou encore pipettes à appliquer directement sur la peau sont autant de solutions pour nous aider à soigner nos compagnons.

ProVetoJuniorConseilLyon

Située sur le campus de l'école vétérinaire de Marcy l'étoile, la junior conseil Pro Véto s'occupe de projets et prestations, liés au monde vétérinaire.

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